Le syndrome respiratoire aigu sévère revisité

une maladie infectieuse chez l’homme qui a été reconnue pour la première fois en Asie du Sud-Est à la fin de février 2003.1 Étant donné les caractéristiques inquiétantes associées à la maladie, notamment la pathogenèse mal définie, l’absence de tests de diagnostic en laboratoire et l’échec des traitements antimicrobiens connus. l’émergence a incité l’Organisation mondiale de la santé à lancer la première alerte sanitaire mondiale depuis plus d’une décennie. Un début insidieux et non spécifique et une incubation allant jusqu’à 10-11 jours sont des ingrédients qui favorisent la transmission par la communauté et, en effet, l’épidémiologie précoce indique une propagation le long des voies aériennes internationales. Cependant, une forte proportion de la maladie est survenue chez les contacts étroits des personnes touchées, ce qui indique une propagation par les fluides corporels et les sécrétions plutôt que par les voies aérosols. Malgré des procédures rigoureuses de lutte contre les infections, la transmission s’est poursuivie à Hong Kong, à Singapour et au Canada. Cela a abouti à des procédures de quarantaine encore plus rigoureuses, qui ont commencé à affecter la vie économique de ces zones en réduisant les voyages et le commerce et en suscitant de graves préoccupations dans la population. Qu’avons-nous appris dans le mois depuis l’alerte sanitaire mondiale? Dans le cadre de ses plans mondiaux en cas de pandémie, l’OMS a mobilisé les ressources scientifiques et intellectuelles de 11 laboratoires dans neuf pays2. Chaque laboratoire a fait ses preuves en matière de soutien aux enquêtes de l’OMS et de vaste expertise dans la détection et le diagnostic des agents pathogènes. la diffusion de données dans le domaine public pour accélérer la recherche de l’agent responsable du syndrome respiratoire aigu sévère. En très peu de temps, ce réseau de laboratoires a identifié au moins deux virus de l’acide ribonucléique, un métapneumovirus humain et un coronavirus inhabituel que l’on appelle actuellement coronavirus associé au syndrome respiratoire aigu sévère.3 Le métapneumovirus humain, reconnu en 2001, n’est pas un nouveau virus chez l’homme puisque presque tous les enfants présentent des signes d’infection à l’âge de 5 ans. Le virus est généralement reconnu en association avec une maladie respiratoire aiguë chez les jeunes enfants. Notre compréhension de la maladie associée à ce virus chez les adultes est limitée, bien que des données probantes démontrent qu’un éventail de maladies graves chez les adultes est peu probable à moins que des facteurs sous-jacents comme l’immunosuppression ne soient en cause. La découverte de ce virus dans les premiers jours de cette étude était compatible avec la description préliminaire des particules de type paramyxovirus observées en Allemagne chez les patients atteints du syndrome. Néanmoins, les enquêtes de cette nature nécessitent un esprit ouvert. Quelques jours plus tard, les premiers rapports ont émergé dans le réseau de laboratoire de particules de type coronavirus observées dans ce syndrome. L’analyse moléculaire a indiqué un nouveau coronavirus. Les données limitées à ce jour ne permettent pas une classification plus précise, bien qu’il ne soit pas long avant que plusieurs laboratoires terminent le séquençage de l’ensemble du génome viral. La vitesse à laquelle l’information est livrée, maintenant que certains outils de détection sont disponibles, correspond à la vitesse à laquelle le virus est transmis, bien qu’il soit encore un pas derrière la marche mondiale du virus. Avons-nous assez de preuves pour dire que le coronavirus est l’agent étiologique du syndrome respiratoire aigu sévère? Les données commencent à s’empiler à partir d’une variété de sources différentes. La question de ce qui est nécessaire et suffisant pour provoquer un syndrome respiratoire aigu sévère peut même être résolue dans quelques semaines.Nous aurons besoin d’intégrer les informations obtenues à partir des enquêtes épidémiologiques et des analyses de laboratoire pour fournir une image cohérente du syndrome global ainsi que de réaliser certaines enquêtes de défi. dans des systèmes modèles appropriés in vitro. Jusqu’à présent, les enquêtes épidémiologiques se sont déroulées parallèlement aux approches de laboratoire.Avec l’utilisation mondiale de la première génération de tests diagnostiques pour la détection des coronavirus, les questions clés relatives à la transmission de cette maladie peuvent être résolues grâce à des études approfondies. dans différents fluides corporels, et avec des études d’anticorps pour déterminer si des individus asymptomatiques ont été exposés au virus. Les résultats de ces études éclaireront les procédures de contrôle des infections et amélioreront les mesures de santé publique contondantes actuellement imposées. Les informations ainsi obtenues permettront d’évaluer les risques liés à la propagation d’un nouvel agent infectieux avec un pronostic potentiellement mortel. Où cela laisse-t-il le métapneumovirus humain? Il existe des preuves d’une double infection chez plusieurs patients canadiens atteints d’un syndrome respiratoire aigu sévère4. Cette observation mène à de nombreuses spéculations possibles sur le rôle du métapneumovirus humain dans le syndrome respiratoire aigu sévère, qui prendra un peu de temps à démêler. Il sera important de comprendre si les personnes qui ont eu les deux infections simultanément ont eu une maladie plus grave ou des caractéristiques pathologiques particulières dans leur maladie, et si un virus prédispose à un autre. L’observation renforce également l’opinion selon laquelle il est important de continuer à chercher des agents microbiologiques chez les individus affectés car il peut y avoir encore plus à découvrir. Il y a beaucoup à faire épidémiologiquement et virologiquement pour contenir la propagation mondiale du syndrome respiratoire aigu sévère. Espérons que les efforts déployés dans le monde entier pour comprendre la nature de l’agent causal et préparer les tests de détection dépasseront l’accumulation quotidienne incessante de cas dans le monde.